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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 17:50

 

Raku et Vernis Martin sur biscuit

 Marque 0582

  

D’une rencontre en Martinique avec une artiste céramiste, Martine Baker, qui m’a initiée à l’art du raku, je découvre la terre, et depuis lors elle fait partie de mon univers.

Cette technique s’est imposée à moi comme une nécessité, une évidence.

Un bonheur renouvelé, lorsque le travail du feu et de l’enfumage révèle ces infinies diversités.

Cet art s’est ouvert à moi comme un beau cadeau de la vie. Cette beauté des choses parfois imparfaites, parfois incomplètes, confère à la modestie et à l’humilité, et donne à la création d’immense perspective à vivre.

 

Marque 0105Je travaille des formes épurées, Rhino et éléphants, animaux mythiques de ma tribu,  poissons et oiseaux ou encore femmes longilignes dominant cette faune.
Les formes sont parfois contemporaines, parfois intemporelles…
Ces folies, aux lignes torturées, aux couleurs vives, aux grimaces narquoises, naissent comme pour m’inviter à poursuivre ma voie.
C’est un véritable corps à corps que je mène à chaque motte de terre que j’entreprends de modeler à mains nues, avec juste quelques outils. Sous mes doigts des formes prennent vie, s’allongent, s’arrondissent. C’est une fusion unique, je prends le risque de m’abandonner à un univers inconnu.

Marque 0552

 

 

Quand vient la première épreuve du feu, sanction suprême du travail de sculpture, c’est le souffle court que j’ose ouvrir le four à la fin d’un cycle d’une cuisson biscuit. Cette apnée se poursuit jusqu’à l’ultime récompense, quand l’œuvre est enfin accomplie, quand les émaux et glaçures ont rendu leur verdict et que l’enfumage révèle enfin ces accidents inimitables et aléatoires.

Pour élargir vers d’autres mondes, certains biscuits sont traités au vernis gras ou vernis Martin. J’ai acquis cette technique auprès de la laqueuse Catherine Nicolas, meilleure ouvrière de France.

 

 

C’est un procédé qui demande une méthode et un travail importants. Il se compose de succession de couches associées à des pigments, ayant séchées une à une.

Le ponçage, étape délicate et capricieuse, rend la surface lisse, révélant les pigments précédemment appliqués. Il fait resurgir les couches superposées, les incrustations de coquilles d’œuf, plus on ponce, plus l’on révèle les premières couches de laque appliquées.

La patience est à la dimension du travail fourni.

 

Ma démarche est avant tout instinctive, elle reflète ma sensibilité, et ressemble au fond primitif que je redécouvre enfoui en moi.

C’est l’opposition de deux mondes, le réel et l’imaginaire, le primitif et le civilisé, le blanc et le noir, la folie et la raison, le brut et le poli.

   

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